Il y a des noms qui résonnent différemment dans la bouche d'un joueur de poker. EPT. Trois lettres. European Poker Tour. Un acronyme qui, pour des milliers de joueurs européens, est synonyme de rêve concret, de tapis verts sous les lustres, et de life-changing money.
2004 : la naissance d'un empire
Quand John Duthie et PokerStars lancent l'EPT en septembre 2004, le poker est en plein boom post-Moneymaker. L'idée : importer le modèle WPT américain sur le Vieux Continent, avec un ancrage local fort. La première étape se tient à Barcelone. Le ton est donné : glamour, accessibilité, buy-ins calibrés pour attirer aussi bien les pros que les qualifiés online.
Le circuit grandit à une vitesse folle. Monte-Carlo, Dublin, Deauville, Prague, Londres… Les étapes s'enchaînent, les prize pools explosent. À son apogée, l'EPT season 10 en 2013 à Barcelone affiche un Main Event à plus de 900 joueurs pour un prize pool dépassant les 8 millions d'euros.
Des légendes se construisent ici
L'EPT a été le théâtre de carrières entières. Vanessa Selbst, Viktor Blom, Stephen Chidwick — tous ont laissé leur empreinte sur ce circuit. Mais l'EPT a surtout révélé des visages anonymes, qualifiés via un satellite à 11 dollars, devenus millionnaires en quelques jours.
C'est ça, la force de l'EPT : il démocratise sans jamais dévaloriser le prestige.
2020-2024 : la résurrection post-Covid
Suspendu pendant la pandémie, le circuit a repris avec une énergie renouvelée. Les éditions récentes de Barcelone et Monte-Carlo ont de nouveau affiché des champs record, portés par une communauté live avide de retrouver les tables. Le format hybride — qualifications online, finales live — reste un modèle que les autres circuits tentent encore d'égaler.
L'EPT demain : consolidation ou révolution ?
La question qui agite les cercles de pros : l'EPT peut-il encore grossir, ou a-t-il atteint un plafond naturel ? Avec la concurrence du WSOP Europe et des circuits indépendants, le défi n'est plus la croissance brute, mais la fidélisation d'une communauté toujours plus exigeante. Une bataille que l'EPT a, jusqu'ici, rarement perdue.