Le record qui résiste à tout
Dix-sept. C'est le chiffre gravé dans l'histoire du poker mondial au nom de Phil Hellmuth. Depuis son premier bracelet en 1989 — remporté à seulement 24 ans dans le Main Event — le « Poker Brat » de Madison, Wisconsin, a construit une collection que nul n'a encore approchée. Et pourtant, chaque été à Las Vegas, la question revient : quelqu'un peut-il le rattraper ?
La cour des grands
Derrière Hellmuth, le classement des multi-bracelets ressemble à un musée vivant du poker :
- Phil Ivey — 10 bracelets, le plus dominateur sur les formats mixtes
- Doyle Brunson — 10 bracelets (décédé en 2023), dont deux Main Events consécutifs en 1976 et 1977
- Johnny Chan — 10 bracelets, lui aussi double Main Event consécutif (1987-1988)
- Erik Seidel — 9 bracelets, modèle de longévité sur quatre décennies
Ce qui frappe dans cette liste : la diversité des époques. Brunson et Chan ont régné avant l'ère internet. Ivey a dominé les années 2000. Hellmuth, lui, a traversé toutes les mutations du jeu.
La nouvelle génération peut-elle bousculer l'ordre établi ?
Les joueurs contemporains comme Kristen Bicknell, Daniel Negreanu (6 bracelets) ou Chris Ferguson (6 bracelets) restent distancés. Pourquoi ? Le champ des participants a explosé. Remporter plusieurs bracelets dans un contexte de milliers de joueurs par événement relève désormais d'une équation mathématique quasi insurmontable.
Les WSOP Online, intégrées au calendrier officiel depuis 2020, ont partiellement rebattu les cartes en permettant aux grinders digitaux de multiplier les opportunités — mais le prestige du bracelet physique, décroché sous les néons de Las Vegas, reste inégalé.
Un héritage qui dépasse le sport
Collectionner les bracelets WSOP, c'est écrire une biographie en or. Chaque bracelet raconte une époque, un format, une résistance surmontée. Dans un sport sans retraite officielle, ils sont la seule mesure du temps qui passe — et de la grandeur qui demeure.